2012 – Rossella Piccinno & Zahra Poonawala

Rossella Piccinno

Rossella Piccinno (1978) est diplômée avec mention en Cinématographie Documentaire et Expérimentale du Département de Cinéma de l’Université de Bologne (Italie), avant d’obtenir un diplôme européen en « Techniques de Productions Vidéo ». Après avoir fait ses premières expériences en travaillant en tant que technicienne dans le cinéma d’animation, elle débute dans la mise en scène en 2005 avec le court métrage de fiction « Interno sei » (2005) suivi par les documentaires « Mauritanie : anciennes bibliothèques dans le désert » (2006), « Occhi negli occhi, mémoires de voyage » (2007), la vidéo élégie « To my Darling » (2008), le reportage « Voices of native italian and migrant women » (2008), et le documentaire plusieurs fois primé « Hanna et Violka » (2009). 

Au cours des deux dernières années, elle a été artiste en résidence au Fresnoy, Studio National des Arts Contemporains, à Tourcoing, où elle a obtenu un diplôme en «Cinéma et Arts Numériques». Pendant la première année elle a réalisé le court métrage de fiction (S16mm) « La mécanique de la grive » (2010) et l’année suivante elle a travaillé sur l’installation vidéo interactive « Eruption of the end » (Prix des Amis du Fresnoy 2011).
Le travail de Rossella Piccinno explore les identités culturelles, les problèmes liés à la discrimination ou les conflits liés au pouvoir et aux jeux de rôle dans la famille comme dans les communautés. Elle travaille souvent sur la mémoire, individuelle et collective, et sur la relation qu’on développe avec le passé. Dans sa pratique, on peut remarquer une utilisation fréquente d’images ou des films d’archives et une transversalité entre le cinéma du réel, la fiction, et l’installation. Elle a débuté comme réalisatrice de documentaires et son approche reste liée à l’observation directe et à la recherche sur le «terrain».
Actuellement, elle est de plus en plus orientée vers une approche qui mélange le genre performatif, cinématique et «ethnographique».

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“Visites inattendues” représente la tentative symbolique de donner une présence physique à l’utopie, en tant que notion récurrente dans l’histoire de Hautepierre et présente encore aujourd’hui dans son imaginaire comme ce qui en psychologie on pourrait définir un « rôle fantôme ».
La protagoniste de ces photos nocturnes, représente à la fois un écho de la première résidente du quartier, à son ouverture dans les années 70.
Cette femme, probablement l’épouse d’un fonctionnaire de la classe moyenne, a vécu pleinement les promesses optimistes qui voyaient Hautepierre comme “une ville satellite pleine de services”, et comme “une oasis de paix et de sécurité.”
Dans “Visites inattendues” cette présence évanescente, suspendue entre la réalité historique et l’idéal, revient en visite pour un état des lieux: qu’est ce qu’elle trouve? Quelles émotions animent ce retour?

Sur les traces de ces « visites inattendues » les spectateurs sont invités à la découverte d’un paysage urbain insolite où plusieurs dimensions se mêlent.

THERE/HERE EVIDENCES OF PROXIMITY

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Vidéo en diptyque de Rossella Piccinno, produit par Horizome, full HD, 26’37”, France 2012.
Images des bâtiments de Hautepierre prises par les toits et scènes de vie quotidienne partagée par ses habitants. Distances du regard qui se comparent.
Cette oeuvre propose un exercice du regard et, en même temps, est un témoignage de la manière dont on peut observer une réalité, comme celle de Hautepierre, en fonction du point de vue. La vidéo se présente sous forme de diptyque qui offre un contrepoint visuel entre l’espace statique des bâ- timents et le tissu humain dynamique. Des champs larges, anonymes, filmés par le haut, regardent des figures humaines dans la distance, ”en laissant l’homme se composer (non)composable dans le paysage qu’il a composé” (A. Marziano). Dans les images répétées des balcons inaccessibles on retrouve la métaphore de la façade difficile et stigmatisée d’un endroit qui, vu ainsi, semble être une banlieue sans âme. En contrepoint, le regard «participant» sur une mosaïque d’actions, de situations, de personnages, qui témoignent de la complexité de Hautepierre et de la richesse de ses microcosmes culturels. Ces scènes simples de vie quotidienne, privée ou partagée, créent une succession qui semble vouloir affirmer que la «normalité» existe aussi ici, dans un quotidien banal comme ailleurs, ambigu comme partout ailleurs, peut-être juste plus réticents à se révéler au visiteur d’un seul jour.

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Exposition dans l’espace public de photos réalisées par des habitants et interviews vidéo sur certaines images.

 

Zahra Poonawala

Traditionnellement les circuits de production et de diffusion tendent à organiser une séparation entre les espaces dédiés aux arts visuels et ceux des arts musicaux. Zahra Poonawala cherche au contraire à marier les sensations et à trouver un mode d’expression en rapport avec sa double formation de plasticienne et de musicienne.
Elle interroge la naissance de l’harmonie, cette étincelle qui fait qu’un son devient l’objet d’une expérience spatiale, avec sa densité, sa présence, ou son absence.
Elle œuvre à le mettre en scène au moyen de procédés qui s’inventent et se complètent au fil des œuvres de vidéo (Bouquet Final, 2005, Symphonie Inouïe 2011), performances musicales (Quatuor pour Violoncelle Seul 2008), scénographie (Nuages Insolubles, 2009), projets internet audio- visuels (Public Address System, 2009), et installations sonores (L’orchestre décomposé 2007, Le Repos du Crieur Public 2011).
Elle a été formée dans le groupe de travail Hors Formats à l’école supérieure des arts décoratifs de Strasbourg et sa dernière oeuvre sonore interactive «Tutti» (2012), est le fruit de sa deuxième année passée au Fresnoy, Studio national des arts contemporains, Tourcoing.


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Portaits sonores parlés des habitants de Hautepierre réalisés à partir d’entretiens et d’archives qui se sont notamment déroulés pendant la tournée des mailles.
Trois dispositifs ont étés mis en place, ils étaient placés à différents endroits dans le quartier de Hautepierre.